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LA ROUTE DES DÉPASSEMENTS

Pierre a reconnu au nom des apôtres que Jésus est vraiment l’envoyé du Père, ce qui incite Jésus à leur confier le sens de sa mission et que cela se vivra par le passage sur la croix.  C’est alors que Pierre repousse l’idée de la souffrance :  Jésus a trop de pouvoir pour se laisser maltraiter par les autorités.

Reconnaissons que notre cheminement est celui de Pierre :  on a peur de souffrir, on repousse la croix de nos vies.  Toutefois, il faut savoir que le langage de la croix n’est pas celui de la souffrance masochiste, mais celui des dépassements dans la fidélité à nos engagements à la suite du Christ… ce qui se vit mieux en communauté.

Un chrétien isolé est un chrétien en danger.  Il faut pour travailler à l’œuvre de Dieu savoir faire communauté.  Seul, ça va plus vite, mais en communauté, ça va plus loin.  Dans une communauté en marche, il y a toujours ceux qui courent en avant puis ceux qui trainent le pas en arrière parce qu’ils sont blessés, essoufflés ou désorientés.  Semblerait-il que dans l’armée, on fait toujours marcher les plus faibles en avant … comme ça on est certain que tout le monde reste ensemble et l’entraide devient naturelle.  Se mettre en marche, c’est quitter ses sécurités et ses acquis.  Ça demande de la confiance et de l’abandon.  C’est arrêter d’être consommateur pour devenir missionnaire.  C’est vouloir surmonter les obstacles …

Ceci me rappelle un jeune de 24 ans qui m’a demandé avec un sourire méprisant :  « Pensez-vous vraiment que je trouverai Dieu un jour ? »  Il venait de me dire qu’il ne croyait ni en Dieu ni au diable, que tout cela sortait de l’imagination des curés.  Je lui ai répondu : « Non, tu ne le trouveras pas dans les dispositions intérieures que tu vis présentement, mais Lui saura bien te trouver et te faire prendre conscience que tu es important pour Lui. »

Quelques mois plus tard, il revient me visiter la physionomie complètement différente.  Les yeux brillants, il m’annonce qu’il est atteint d’un cancer agressif qui ne lui donne que quelques mois à vivre puis il me dit :  « Ça pourrait être pire, comme avoir 50 ans et vivre sans idéal, comme ne penser qu’à faire de l’argent, comme être alcoolique …

Quand j’ai appris à ma famille que j’avais ce cancer, mon père m’a spontanément pris dans ses bras et il s’est mis à pleurer à chaudes larmes.  Pour la première fois de ma vie, j’ai senti à quel point il m’aime.  Ma mère et mon frère ont eu la même réaction.  Alors, j’ai pensé que l’ultime malheur d’une vie est de la traverser sans amour.  Et c’est là que j’ai compris que Dieu m’a trouvé et que je suis important pour Lui. »

Dieu ne nous appelle pas à nous épanouir (c’est-à-dire à écarter les contrariétés et les défis), mais à nous dépasser (c’est-à-dire à surmonter les contrariétés et les défis) et c’est quand on réussit à se dépasser qu’on parvient vraiment à s’épanouir.  Qu’il en demeure ainsi pour chacun de nous.  Le Christ n’a jamais promis un chemin de facilité, mais il garantie une arrivée à bon port.

Gilles Baril, curé

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